Le BATIK, tout un art


L’étymologie du mot batik provient de « ambatik » qui signifie vêtement avec des petits points ou gouttes. Ce mot a certainement aussi un lien avec le mot javanais « tritik » qui décrit un processus de teinture consistant à coudre ou faire des nœuds sur les parties du tissu qui ne doivent pas être teintes.

Bien que les opinions des experts divergent sur les origines du batik, des échantillons de tissu teints avec la méthode du batik datant de 1500 ans ont été retrouvés en Egypte et au Moyen Orient. Et durant ces derniers siècles, on en a également retrouvé dans toute l’Asie et l’Afrique. Mais ces techniques n’ont jamais égalé les œuvres de Java. La famille royale de Java était reconnue pour le mécénat qu'elle exerçait au profit de toutes les formes d’art, et la noblesse javanaise a hissé le batik au niveau de l’art. Son caractère royal ne fait aucun doute. Les modèles étaient portés uniquement par la cour au palais du sultan. Princesses et nobles dames ont inspiré la conception très raffinée des modèles traditionnels et leur ont donné un sens. Le travail de teinture à la cire était laissé aux artisans de la cour qui travaillaient selon des directives.

L’art du batik s’est ensuite démocratisé pour devenir une compétence indispensable dans l’accomplissement de la jeune javanaise, au même titre que l’art de cuisiner.


Préparation du vêtement pour le batik


Les matières naturelles comme le coton et la soie sont préférés pour leur capacité à absorber la cire utilisée dans le processus de teinture indélébile. Le tissu doit être tissé très dense pour maintenir la qualité du dessin du batik. La première opération consiste à laver et bouillir le tissu dans l’eau plusieurs fois pour enlever toute trace d’amidon, de chaux, de craie ou d ‘autres impuretés. Il est ensuite assoupli avec un maillet en bois ou en fer.


Les outils

 

Malgré la complexité des motifs, les outils utilisés étaient très simples et rudimentaires, et le crayon à cire était l’outil principal. Il s’agissait d’un petit réservoir de cuivre prolongé par un bec avec une poignée en bambou. Le réservoir était rempli de cire chaude avec laquelle l’artisan dessinait le motif sur la partie du tissu qui ne devait pas être teinte. La cire devait être maintenue à la bonne température, trop molle elle ne s’appliquait plus sur le tissu et trop liquide elle coulait et devenait incontrôlable.


Celle-ci était fabriquée à partir de cire d’abeille. On y ajoutait de la paraffine pour sa friabilité, des résines pour augmenter l’effet adhésif du mélange et des graisses animales pour liquéfier le tout. Les cires pouvaient être de plusieurs couleurs pour distinguer les différentes parties du motif et phases de teinture.


Pour raccourcir les délais de fabrication, rendre le batik accessible à tous et produire pour une demande croissante, les artisans ont fabriqué des tampons. Chaque tampon est un bloc de cuivre qui représente une partie du dessin final. Les tampons sont fabriqués à partir de lames de cuivre pliées et tordues pour créer le motif choisi. Les lames sont ensuite attachées à une poignée. Le tampon doit être fabriqué minutieusement pour reproduire le même dessin des deux cotés du tissu. Une pièce de tissu complexe nécessite jusqu’à 10 tampons. On peut combiner l’application de tampon avec le crayon à cire pour des motifs plus complexes.


Processus de teinture

 


L’artisan applique une première couche de cire avec le crayon à cire sur les parties qui doivent rester de la couleur du tissu original (blanc ou crème). Pour la méthode aux tampons, on plonge celui-ci dans la cire chaude et on le presse sur le tissu à imprimer jusqu’à ce que la cire recouvre le tissu selon le motif du tampon. Cette manipulation peut être effectuée sur toute la pièce de tissu. Après la première application de cire, le tissu est plongé dans son premier bain de teinture. La teinture ne prendra pas sur les parties enduites de cire. Ensuite le tissu est trempé dans l’eau froide pour solidifier la cire.

 


Le tissu est ensuite préparé pour la seconde teinture. Les parties non teintes précédemment, mais qui doivent l’être avec la nouvelle teinte seront grattées pour enlever la cire. Les parties qui ne doivent pas prendre la nouvelle teinte seront recouvertes de cire si elles ne le sont pas déjà. L’opération est faites autant de fois qu’il y a de couleurs différentes sur le batik.

 A la fin, le tissu est soigneusement lavé avec un détergent à base de lerak (un fruit courant indonésien) et mis à sécher à l’ombre pour ne pas ternir ses couleurs.


Malgré les techniques modernes d'impression des tissus, la méthode traditionnelle du batik est encore utilisée en Indonésie. Decoethnique a ramené d'Indonésie un tableau constitué de batiks assemblés et soudés. L'oeuvre est originale et très belle.

http://www.decoethnique.fr/decoration-murale/88-batik-authentique.html

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